On ne badine pas avec l’amour de Alfred de Musset – Le badinage, plus sûr ennemi de l’amour

 

Éditeur : Larousse13451050_1034180369999231_1113384581_n

Date : 2004 (publiée pour la première fois en 1834)

Nombre de pages : 207

Prix : à partir de 1.55€

 

 

 

Quatrième de couverture :

Un baron décide d’unir son fils Perdican, jeune diplômé de l’université, à sa nièce Camille, tout juste sortie du couvent : durant leur enfance, les deux cousins ne s’aimaient-ils pas tendrement ? Las ! C’est compter sans l’orgueil et la méfiance de Camille qui, a dix-huit ans, juge des hommes et de l’amour d’après les confidences amères de ses amies du couvent.

En mêlant la fantaisie burlesque au lyrisme romantique, la comédie au drame tragique, Musset joue avec brio de la forme et du sens du proverbe dramatique. On ne badine pas avec l’amour montre ce qu’il en coûte de jouer avec la vérité des sentiments.

 

Mon avis :

Ah Musset… j’apprécie de le lire autant en pièce de théâtre qu’en roman. En effet, quand j’ai passé le baccalauréat de littérature, une des oeuvres au programme était Lorenzaccio que j’ai adoré lire, étudier et relire. Du coup, je me suis empressé d’acheter Les confessions d’un enfant du siècle, roman génial.
Puis je me suis dirigée vers On ne badine pas avec l’amour, un peu à cause de cette citation bien connue :

« PERDICAN. Adieu Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux, ou lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe,on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. (Il sort.) » (Acte II, scène 5)

 

J’ai mis du temps à le prendre dans ma PAL pour le lire mais ça y est, je l’ai lu, et je me demande encore pourquoi je ne l’ai pas fait avant !

Cette pièce se lit très (trop…) rapidement, elle ne fait qu’une centaine de pages si on enlève la biographie, genèse de l’oeuvre, etc… Elle comporte trois actes et les scènes sont courtes. De plus, l’écriture de Musset est fluide, simple à comprendre. (Il y a quelques annotations pour certains mots.) Il y aborde notamment le rapport homme/femme, le pouvoir et la religion.

A la fois comédie et drame, cette histoire repose sur le projet du baron, qui souhaite unir son fils Perdican et sa nièce Camille. Il pense que tout va se passer comme il l’a prévu mais c’est sans compter sur l’orgueil et la vanité des deux protagonistes.

En effet, Camille, 18 ans, sort tout juste du couvent où elle s’est fait conter de nombreuses histoires de cœurs brisés et ne veut pas que cela lui arrive :

« CAMILLE. Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir; je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant. (Elle montre son crucifix.) »  (Acte II, scène 5)

Perdican, quant à lui, a 21 ans et vient de recevoir un doctorat.Il a connu beaucoup de femmes et préfère souffrir plutôt que de ne pas aimer.

Le baron prévoit tout jusqu’au moindre détails pour leurs retrouvailles (ils ne se sont pas vu depuis 10 ans), jusqu’à faire en sorte qu’ils entrent dans la même pièce au même moment. Mais, cela va tourner au vinaigre lorsque Camille va se montrer froide envers Perdican. Ensuite, leur relation va évoluer tout au long de l’histoire,  entre orgueil, désir, vengeance… Je les ai parfois trouvé détestables, parfois touchants… Ce ne sont pas des personnages très complexes et il est assez aisé de s’identifier à eux.

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Camille (Jules-Marie Parmentier) et Perdican (Loïs Corbery). Mise en scène de Yves Beaunesne.

 

Le personnage le plus malheureux dans cette pièce est Rosette, soeur de lait de Camille, utilisée autant par Perdican que par Camille.

Ensuite, les personnages secondaires donnent une dimension comique à la pièce. Ainsi, le Chœur se moque de certains personnages comme par exemple avec Dame Pluche (gouvernante de Camille) :

« LE CHOEUR. Défripez-vous, honnête Pluche; et quand vous prierez Dieu, demandez de la pluie ; nos blés sont secs comme vos tibias. » (Acte I, scène 1)

Maître Bridaine (le curé) ainsi que Maître Blazius (gouverneur de Perdican), quant à eux, mènent un combat ridicule, chacun voulant gagner la plus grande estime du baron en dénonçant l’autre tour à tour.

« Le gouverneur sent le vin, j’en ai la certitude. » (Acte I, scène 1)

Le baron, quant à lui, est aussi assez ridicule dans le sens où il ne pense qu’à marier son fils et sa nièce et ne se préoccupe nullement de leurs sentiments.

Alors, que ces personnages représentent les adultes, ils sont incapables de mettre en garde les trois adolescents qui jouent avec l’amour, et ils ce comportent eux-même comme des enfants.

Cependant, nous ne pouvons pas qualifier cette pièce de comédie mais plutôt de drame romantique car son dénouement n’est pas heureux et assez inattendu d’ailleurs. Musset essaie-t-il de nous avertir avec son titre ? Il ne faut pas badiner avec l’amour, ce n’est pas un jeu. 😉

Cette pièce m’a donc beaucoup plu même si je l’ai trouvé un peu trop courte à mon goût.

 

Et vous, avez-vous lu cette pièce ? Avez-vous envie de la lire ? 

 

 


Votre dévouée Livranthrope.

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