Juste une ombre de Karine Giebel – « Je t’arracherai les ailes, mon ange. Alors, tu ramperas devant moi. »

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Éditeur : Fleuve Noir

Date : 8 mars 2012

Nombre de pages : 502

Prix : 20€ (broché), 8€ (poche)

 

Karine Giebel est née le 4 juin 1971 et réside dans le Var. Elle a obtenu le Prix marseillais du Polar en 2005 pour Terminus Elicius, son premier livre paru en 2004. Juste une ombre est son sixième roman.

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE :

 

Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour…
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule.
Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.

Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…

Tu commandes ? Apprends l’obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence…

 

 

Cette lecture a été l’objet d’une lecture commune avec Chris de Pleack is Ploch que je remercie pour cette lecture enrichissante. Je vous invite donc de ce pas à aller voir sa chronique !

 

 

MON AVIS :

 

« Est-ce le diable ? Cette présence invisible qui te hante et pourrit ta vie jusqu’à la rendre insupportable, jusqu’à ce que tu aies envie d’en finir en te jetant sous un train ou dans le vide, en espérant qu’elle ne te suivra pas jusqu’en enfer. »

 

C’est bien à une descente aux enfers que nous assistons ici.  Et Karine Giebel sait nous tenir en haleine jusqu’au bout.. L’intrigue est bien menée, bien ficelée, on se sent traquée avec Cloé, on suspecte tour à tour chaque personnage et on veut absolument découvrir qui est cette Ombre qui ne cesse de suivre Cloé depuis ce jour où elle a rejoint sa voiture après une soirée plutôt ratée. Est-elle réelle ? Est-elle imaginaire ? On peut le deviner avant la moitié du livre (n’est-ce pas Chris ?) mais on le sait clairement avant les cent dernières pages. La coutume voudrait que l’on apprenne l’identité du criminel à la toute fin mais je dois avouer qu’ici cela ne m’a pas du tout posé de problème car c’était clairement justifié et nécessaire.

Nous suivons au début deux histoires en parallèle qui, forcément, vont finir par se rejoindre. D’un côté, Cloé, à partir du soir où elle fait sa « rencontre » avec l’Ombre. De l’autre, Alexandre Gomez, lieutenant à la recherche d’un criminel.

L’écriture de Karine Giebel est plutôt addictive. Les phrases sont souvent courtes ce qui apporte une fluidité et par la même, l’envie de continuer encore et encore. J’ai apprécié sa plume que j’ai trouvé unique en son genre et bien travaillée.

Pour ce qui est de la narration, le point de vue est principalement omniscient. Mais il arrive qu’il soit interne, et que tel ou tel personnage parle à la première personne. J’ai aimé que l’on puisse voir les pensées de différents personnages, comme si l’on était dans leurs têtes. D’ailleurs nous avons à plusieurs reprises, à la fin des chapitres, une page destinée aux pensées de l’Ombre (citations en rouge tirées de ses pensées exceptée la première citation). J’ai trouvé ça très intéressant de voir ses pensées machiavéliques retranscrites comme une sorte de lettre destinée à sa victime. Nous ne savons rien de cette ombre mais nous connaissons certaines de ses pensées et elles ne sont pas là pour nous rassurer !

 

 

« Tu veux vivre ? Meurs en silence, mon ange. »

 

 

Les personnages sont bien travaillés et ont une psychologie assez complexe. Tout d’abord, Cloé, épanouie dans sa vie de couple avec Bertrand, belle, ambitieuse, qui s’apprête à prendre la place de son patron dans l’agence de pub où elle travaille. Elle a presque tout pour elle, vraiment. Et je dis presque, et vous me comprendrez si vous lisez ce livre, parce que bon dieu, elle est aussi d’une connerie phénoménale ! Méprisante, arrogante, orgueilleuse, et hautaine, Cloé est avide de pouvoir et n’hésite pas à faire de l’ombre et à ridiculiser ceux qui sont autour d’elle. Elle se sent au-dessus des autres et ne se gène pas pour envoyer balader sa secrétaire, pour la simple et bonne raison qu’elle l’avait appelé par son prénom. Mais, c’est sans compter sur l’Ombre, qui va faire de sa vie un calvaire. Et même si je ne pouvais pas me voir Cloé, j’avais de la compassion pour elle et envie de l’aider à sortir de cet enfer. Donc, j’ai eu des sentiments plutôt ambivalents pour ce personnage, qui m’a fait ressentir envers elle du mépris, de la pitié, et de la compassion.

Ensuite, le second protagoniste dont nous suivons l’histoire en parallèle de celle de Cloé se nomme Alexandre Gomez. Lieutenant de police, il enquête sur une affaire et est à la recherche d’un criminel. Ce personnage est celui que j’ai préféré dans cette histoire. Il est sarcastique, il joue les durs et se montre parfois froid mais on se rend vite compte que derrière ce masque se cache un homme sensible et tendre qui serait prêt à se sacrifier pour aider certaines personnes. J’ai été touché par la relation entre lui et son équipier Laval, mais je n’en dirais pas plus car ce serait gâcher l’intrigue. D’ailleurs, j’ai aussi apprécié Laval, même si on en sait peu sur lui, je l’ai trouvé juste, simple, droit et il tient un rôle très important dans cette histoire.

En ce qui concerne l’Ombre, c’est une personnalité inhumaine à mes yeux et complètement psychopathe. Ce n’est pas « Juste une Ombre », non, mais une personne manipulatrice et sadique qui s’amuse à détruire une personne jusqu’à la rendre parano, jusqu’à douter d’elle-même. Cette ombre est méthodique, elle sait comment s’y prendre et ne fais rien au hasard.

Puis, il y a également des personnages secondaires, tels que Pardieu, le patron de Cloé autrement dit « le Vieux », personnage manipulateur et vicieux ; Phillip Martins deuxième potentiel successeur au patron à côté de Cloé, pas détestable mais pas aimable non plus ; Carol, la meilleure amie de Cloé que je n’ai pas du tout apprécié car trop naïve et se laisse marcher sur les pieds ; nous rencontrons également la famille de Cloé ainsi que d’autres personnes.

 

 

« Je suis dans ta tête et jusque dans tes veines, mon ange… »

Au final, ce thriller psychologique a été pour moi une très bonne découverte. Je me suis laissée prendre dans ce climat de paranoïa permanent et j’ai été dupé à plusieurs reprises. Et même si l’on découvre l’identité de cette fameuse ombre plutôt prématurément, j’ai continué à  être happé par les événement jusqu’à ce final époustouflant !

C’était le premier roman que je lisais de cette auteur, et j’ai donc bien l’intention de poursuivre sur ma lancée !

 

CITATIONS

« C’est ça être vivant. C’est ça, exister. Exister, C’est manquer à quelqu’un. Exister, c’est être la douleur d’un autre. »

« On vient au monde sans l’avoir demandé, on va à la mort sans l’avoir choisi. Pas la peine d’en rajouter. »

« La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent. »

« Mais fuir ne sert à rien. Ce qui doit vous rattraper vous rattrape. […] Constamment en mouvement, comme si ça l’empêchait de penser. […] Courir, toujours. Pour éviter de s’arrêter et d’être englouti par les sables mouvants. »

 

Voici quelques mots de Karine Giebel :

 

 

Avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ? Sinon, avez-vous envie de le lire ?

 


Votre dévouée Livranthrope.

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6 réflexions sur “Juste une ombre de Karine Giebel – « Je t’arracherai les ailes, mon ange. Alors, tu ramperas devant moi. »

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