Littoral / Le sang des promesses (tome 1) de Wajdi Mouawad – Une pièce de théâtre pas comme les autres !

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Éditeur : Babel

Date : 2010 (publication originale en 2009)

Nombre de pages : 190

Prix : 7.70€

 

 

 

 

 
Cette pièce fait partie de la série de pièces « Le sang des promesses », qui comporte trois autres pièces :
(Ce n’est pas des suites mais les thèmes sont à peu près les mêmes)

 

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QUATRIÈME DE COUVERTURE :

 

En apprenant la mort de son père inconnu, qu’il retrouve à la morgue, l’orphelin Wilfrid décide de lui offrir une sépulture dans son pays natal. Commence alors un voyage au bout de la nuit qui le conduit vers un monde dévasté par les horreurs de la guerre, où les cimetières sont pleins, où les proches de cet homme rejettent sa dépouille, qui terminera son périple dans les bras de la mer. A travers les rencontres douloureuses qu’il fait à cette occasion, Wilfrid entreprend de retrouver le fondement même de son existence et de son identité.

 

 

MON AVIS :

 

Je crois que je vais avoir un peu du mal à décrire ce livre. C’est une pièce de théâtre très originale comme je n’en ai jamais lu. Je m’explique. Le livre commence avec Wilfrid qui parle à un juge et qui lui raconte son histoire qui a débuté il y a trois jours jusqu’au fameux « Dringallovenezvotrepèreestmort ». C’est ainsi que nous plongeons dans les aventures de Wilfrid.

Cette histoire est une sorte de quête où le personnage va découvrir son identité dans un pays qui a été touché par la guerre et les bombes. Sa mère est morte en lui donnant la vie, il n’a pas connu son père et sa famille ne veut pas l’enterrer dans le caveau familial car pour eux, c’est à cause de lui que sa mère est morte. Wilfrid veut enterrer son père comme il se doit et va par la même enterrer son enfance et son innocence. Il va donc se rendre dans le pays natal de son père, au Liban. Mais cela ne va pas être une mince affaire de trouver un endroit de sépulture pour son père car les cimetières débordent à cause des guerres et des ravages qu’elles ont causé.
Au cours de ce voyage il va rencontrer une palette de personnages divers et variés. Chacun a son histoire et chacune de ses histoires est liée directement avec leur père. D’ailleurs au début du livre nous pouvons lire quatre pages (« De l’origine de l’écriture ») où Wajdi Mouawad explique qu’il s’est inspiré de ses lectures d’Oedipe, de Hamlet et de L’idiot.

« Tous trois étaient impliqués dans une relation directe avec le Père. L’un a tué le sien, l’autre doit venger l’assassinat du sien et le troisième n’a jamais connu le sien. […] Ainsi est née l’idée de créer un spectacle qui mettrait en scène un personnage qui, perdant son père, chercherait un lieu pour l’ensevelir ; lors de sa quête, il ferait la rencontre de trois garçons qui étaient, pour moi, chacun un reflet des trois géants. »

J’ai apprécié les personnages qui apportent chacun un petit plus à l’histoire. Le groupe se forme au fil de l’histoire où, un à un, chaque personnage va s’ajouter. Chacun mène une quête intérieure et chacun souhaite raconter son histoire aux peuples.

Il y a parfois des scènes avec « le réalisateur » qui dit à Wilfrid ce qu’il doit faire et c’est comme si le personnage jouait un rôle dans son propre film, sa vie. Nous sommes les réalisateurs de notre propre film, et nous jouons des rôles à chaque instant.

LE RÉALISATEUR. Comment arrêter une caméra qui sans cesse fait défiler une pellicule infinie, comment arrêter le souvenir, comment continuer sans continuer le film ?
WILFRID. Mais quel film ? Si c’était un film, on se trouverait beau, il y aurait de la musique, il y aurait des spectateurs ! Mais personne à part une bande-son stop sans pause sans rien, un disque enrayé qui saute Dringallovenezvotrepèreestmort à rendre fou ! Et toi, tu es qui ? Qu’est ce que tu veux ?
LE RÉALISATEUR. Je suis toi.
WILFRID. Comment ça, tu es moi ?!
LE RÉALISATEUR. Je suis celui que tu étais hier !

 

Dans cette histoire flotte une ambiance d’irréalité : le mort parle avec les vivants et le rêve est personnifié par un chevalier, Le chevalier Guiromelan qui accompagne Wilfrid depuis son enfance. C’est en quelque sorte son ami imaginaire, qui accourt pour lui venir en aide et tranche avec son épée la tête de ceux qui l’embêtent (métaphoriquement, bien sûr.)

J’ai beaucoup aimé la façon d’écrire de Wajdi Mouawad, il a une plume empreint d’une poésie et d’une beauté sans pareille.J’ai ressenti beaucoup d’émotions à travers les dialogues : j’ai ri, car il y a pas mal de passages plutôt drôles à mon goût malgré l’histoire pas vraiment drôle à la base ; j’ai été touché, car certaines paroles et réflexions m’ont fait réfléchir.

 

Cette pièce de théâtre, lu dans le cadre de mon entrée en IUT Métiers du livre et du patrimoine à la rentrée fût donc une bien belle découverte. Ce livre est très particulier mais quoi qu’il en soit, il ne laisse pas indifférent

 

 

CITATIONS :

« Je suis sorti pour trouver un ailleurs, mais ce n’est pas évident quand vous avez le cœur dans les talons, qui est une expression stupide. J’ai cherché partout un ailleurs mais je n’ai rien trouvé : partout c’était toujours ici, et c’était crevant ! »

« Je ne sais même plus qui je suis. Comment tu veux que je sache ce qui me fait mal. Quand tu es petit, c’est pas difficile, tous les enfants ont peur de la sorcière ou du monstre noir de l’espace sidéral. Mais maintenant ? qu’est-ce qui me fait mal ? Je n’en sais tellement rien. J’ai mal et c’est tout. Et tout le monde a mal, et tout le monde s’en fout ! Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? »

« Le pire dans ce genre de situation, monsieur le juge, je veux dire quand il ne vous reste plus personne au monde, c’est qu’on se demande comment le lendemain on va trouver assez de force pour continuer à faire ce qu’on faisait la veille. »

« Ma mémoire est une forêt dont on abat les arbres. J’oublie. »

« Ah! Si j’étais un oiseau blanc au-dessus de la mer. / Je m’en irais plonger dans les replis de la lumière. / Je connaîtrais la véritable solitude, / Je saurais enfin où vont les nuages, / Je verrais les grands glaciers / Avancer ensemble vers les lieux inconnus. / Je serais dans le secret des choses anciennes. »

 

Connaissez-vous cet auteur ? Avez-vous lu ce livre ou vous donne-t-il envie de le lire ?

 


 

Votre dévouée Livranthrope.

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