Le livre de ma mère de Albert Cohen – « Amour de ma mère a nul autre pareil »

13884290_1071955526221715_1768851577_n.jpgÉditeurFolio

Date1974 (publication originale en 1954)

Nombre de pages174

Prix5.90€

RÉSUMÉ :

 

Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère.
Ce livre bouleversant est l’évocation d’une femme à la fois « quotidienne » et sublime, une mère, aujourd’hui morte, qui n’a vécu que pour son fils et par son fils.
Ce livre d’un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d’amour.
Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu’il s’adresse à lui-même lorsqu’il pense à telle circonstance où il s’est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. « Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s’impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. (Babelio)

 

MON AVIS :

 

Dans ce livre, Albert Cohen nous livre l’histoire de sa mère. Ou plutôt la relation entre lui et sa mère. Ce livre est touchant et émouvant. Ce livre est un hommage, un deuil, une déclaration, une confession… c’est une ode à sa mère morte qu’il regrette de ne pas avoir assez aimé ou avoir montrer son amour de son vivant. Jusqu’à la dernière page, il nous raconte sa mère. Leur arrivée de Corfou à Marseille, famille juive isolée, puis les visites de sa mère à Genève où il est allé vivre pour ses études. Albert Cohen ne nous parle quasiment pas de son père. Il nous parle de sa mère encore et encore. De cet amour puissant qui les unit, des regrets qu’il a de l’avoir parfois envoyé balader alors qu’elle s’inquiétait seulement pour lui. Ce livre est une morale aux fils (aux enfants en général, j’aurais envie de dire) : aimez votre mère et montrez lui pendant qu’il est encore temps car c’est quand elle ne sera plus là que vous vous rendrez compte à quel point vous l’aimez. Mais, il sera trop tard pour lui dire.

Albert Cohen nous livre sa culpabilité de s’être trop peu occupé de sa mère alors qu’elle était complètement dévouée à lui, ne vivait que pour lui. Il regrette d’être allé dans des dîners où il passait du temps avec des personnes qui l’aimaient moins que sa mère, alors qu’elle restait seule. Mais, je n’ai parfois pas compris ces regrets, un enfant ne naît pas pour vivre en compagnie de sa mère toute sa vie, mais pour vivre sa vie, lui aussi. Peut-être la mort de sa mère le fait-il culpabiliser au point de penser qu’il aurait dû passer chaque minute de sa vie auprès d’elle…

Sinon, je me suis surprise à m’attacher à la mère de Cohen, à l’imaginer lorsqu’il décrit ses gestes, ou ses façons de faire. Il la décrit tellement bien, ses petites manies, ses habitudes, les souvenirs de leurs moments passés ensemble, c’est vraiment touchant et empli de nostalgie.

J’ai beaucoup aimé la plume de Albert Cohen, il sait retranscrire les émotions, décrire les petites choses anodines et employer les mots qu’il faut. Il m’a littéralement transporté et certains passages raisonnent encore en moi. Je lirais d’autres de ses œuvres sans aucun doute.

J’ai donc beaucoup aimé ce livre qui m’a touché autant par la relation entre Albert Cohen et sa mère que par la plume magnifique de l’auteur. Seulement, j’ai trouvé qu’il culpabiliser un peu trop par moments…

 

 

CITATIONS :

 

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien. »

« Sifflote un peu pour croire que tout ne va pas si mal que ça, et surtout souris, n’oublie pas de sourire. Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre, souris dans ta glace et devant les gens, et même devant cette page. Souris avec ton deuil plus haletant qu’une peur. Souris pour croire que rien n’importe, souris pour te forcer à feindre de vivre, souris sous l’épée suspendue de la mort de ta mère, souris toute ta vie à en crever et jusqu’à ce que tu en crèves de ce permanent sourire. »

« Édentés ou non, forts ou faibles, jeunes ou vieux, nos mères nous aiment. Amour de nos mères, à nul autre pareil. »

« Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ? Que je suis étonné sur cette terre. Pourquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ? Pourquoi adorent-ils se venger, dire vite du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir , les pauvres ? Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rendent pas bons, c’est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite mal, d’une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance, c’est-à-dire sans danger ? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d’être méchants, pour qu’on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu’on les aime. Et si on allait se coucher et affreusement dormir ? Chien endormi n’a pas de puces. Oui, allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. Allons nous installer dans l’agréable sommeil. Comme j’aimerais pouvoir ôter, tel l’édenté son dentier qu’il met dans un verre d’eau près de son lit, ôter mon cerveau de sa boîte, ôter mon cœur trop battant, ce pauvre bougre qui fait trop bien son devoir, ôter mon cerveau et mon cœur et les baigner , ces deux pauvres milliardaires, dans des solutions rafraîchissantes tandis que je dormirais comme un petit enfant que je ne serais jamais plus. Qu’il y a peu d’humains et que soudain le monde est désert. »

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