La couleur des sentiments de Kathryn Stockett – Un roman touchant sur la ségrégation mais pas que…

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Edition : Jacqueline Chambon/Actes Sud

Date : 2010 (publication originale en 2009)

Nombre de pages : 526

Prix23.80€ (9.70€ en poche chez Babel)

QUATRIÈME DE COUVERTURE :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Passionnant, drôle, émouvant, La couleur des sentiments a conquis l’Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d’exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

MON AVIS :

 

Quel roman touchant que La couleur des sentiments !
J’avais vu l’adaptation cinématographique il y a quelques années et même si je l’avais aimé, heureusement pour moi, je ne m’en rappelais plus très bien.
L’histoire se déroule dans les années 60, à Jackson, Mississipi et débute avec Aibileen, une bonne noire, qui nous parle de la famille chez laquelle elle travaille. Mais ce roman est un roman à trois voix du coup nous n’avons pas seulement le point de vue de Aibileen mais aussi de Minny (sa meilleure amie) et de Miss Skeeter (une blanche).

L’intrigue tourne donc autour de ces trois personnages. De leur quotidien, de leur entourage, de leur petite ville, les noirs d’un côté et les blancs de l’autre, et des choses qui vont faire qu’elles vont finir par nouer des liens, tout d’abord timides, puis très forts. Nous sommes à une époque où la grande majorité des blancs pensent que les noirs sont inférieurs à eux, qu’ils n’ont pas leurs droits, qu’ils sont sales, porteurs de maladie, et ne servent qu’à s’occuper de leurs maisons et de leurs enfants. Mais, certains ne se rendent vraiment pas compte à quel point ils ont de la chance d’avoir une bonne pour cela car ils ne savent même pas s’occuper de leurs gosses !
Mais ce livre n’est pas un cliché « les noirs sont tous bons et maltraités par les méchants blancs », mais une preuve qu’au fond chacun est humain. Il y a aussi des noirs qui battent leur femme et des blancs qui risquent beaucoup pour faire bouger les choses.
N’était-ce pas le sujet du livre ? « Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. »

Ces trois personnages sont touchants et attachants. Autant vous dire que je ne les oublierais pas de sitôt. Aibileen et son amour pour les enfants (la façon dont elle s’occupe de Mae Mobley, la fille de sa patronne, avec beaucoup de tendresse, d’amour, comme si c’était sa propre fille, les petites histoires qu’elle lui raconte en espérant qu’elle ne devienne pas comme ces blancs qui méprisent les noirs), son envie de changer les choses, sa retenue, son rire communicatif, son empathie… Minny et sa « grande gueule », sa soif de vengeance, son armure de pierre qui cache un coeur de guimauve… Miss Skeeter et sa marginalité (qui n’hésite pas à se différencier des autres et s’affirme de plus en plus jusqu’à devenir celle qu’elle est vraiment à la fin du roman), son rêve d’artiste, sa détermination, qui va jusqu’au bout de ses convictions… Toutes les trois ont des personnalités travaillées et je les ai adoré. Ensuite, il y a des personnages que j’ai détesté, et tout le monde les détesteraient je pense, comme Miss Hilly, qui est tout bonnement insupportable. C’est une femme pleine de haine et de faux-semblants qui propage sa bêtise dans la tête de ces « sbires ». J’ai eu envie de la gifler tout au long du roman et j’étais bien fière de Minny pour ce qu’elle lui a fait, la « Chose Abominable Épouvantable » ! (La tarte… ceux qui l’ont lu comprendront, ceux qui ne l’ont pas lu, vous verrez ça vaut le détour !)

La plume de l’auteure est juste, elle est remplie d’émotions, et nous permet de nous mettre dans la peau des personnages aisément. Elle réussit a nous immerger avec brio dans le quotidien de ceq trois femmes. Lorsque ce sont Aibileen ou Minny qui parlent, elle use d’un langage incorrect, ne respecte pas la grammaire par exemple : « j’ai pas » au lieu de « je n’ai pas », car à cette époque, les noirs ne faisaient pas d’études et je pense que l’auteure a voulu retranscrire cela. Au contraire, lorsque c’est Miss Skeeter qui parle, le langage est correct, sans faute de grammaire ni quoi que ce soit.

Ce roman montre également le pouvoir qu’a les livres, à quel point ils peuvent avoir des répercussions sur l’esprit des gens et faire changer leur vision des choses.

Mon seul regret, est que la fin soit un peu précipitée car j’aurais aimé que l’auteure s’attarde un peu plus sur notre séparation avec les personnages. Mais bon, ce n’est qu’un détail. Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’à la fin nous avons un texte de Kathryn Stockett qui explique pourquoi elle a écrit ce roman.

Ce roman est bourré d’émotions, véhicule de très beaux messages et a une très bonne morale. C’est une histoire magnifique et empreinte d’une humanité et d’une tolérance qui sont trop souvent oubliées.

Je recommande donc chaleureusement cette lecture à tout le monde car c’est une vraie pépite d’or littéraire ! (À part à ceux qui ne savent pas lire, mais cela va de soi, je suppose.)
 

CITATIONS :

 

« J’ai chaud aux joues et la langue qui me démange. Je sais pas quoi lui dire. Tout ce que je sais, c’est que je lui dirai pas. Et je sais qu’elle dira pas ce qu’elle a envie de dire elle non plus, et c’est vraiment bizarre ce qui se passe ici parce que personne parle et on arrive quand même à avoir une conversation. »

« Je suis revenue à la maison ce matin-là, après qu’on m’a renvoyée et je suis restée dehors avec mes chaussures de travail toutes neuves. Les chaussures qui avaient coûté autant à la mère qu’un mois d’électricité. C’est à ge moment, je crois que j’ai compris ce qu’était la honte, et la couleur qu’elle avait. La honte n’est pas noire comme la saleté, comme je l’avais toujours cru. La honte a la couleur de l’uniforme blanc tout neuf quand votre mère a passé une nuit a repasser pour gagner de quoi vous l’acheter et que vous le lui rapportez sans une tâche, sans une trace de travail. »

« Je resterais bien ici pour le reste de mon existence, tellement on est bien dans la petite cuisine d’Aibileen pendant qu’elle vous explique le monde. C’est ça qui est bien avec Aibileen, elle prend les choses les plus compliquées et en un rien de temps elle vous les arrange et vous les simplifie tellement que vous pouvez les mettre dans votre poche. »

 


Ellimac.

 

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